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Aides et démarches

Aider un parent sans sacrifier sa retraite : AVA, trimestres et taux plein

Réduire son activité pour aider un parent laisse des traces sur le relevé de carrière. Certaines se réparent toutes seules, d'autres seulement si vous faites la démarche, et une partie des dispositifs annoncés pour les aidants ne vous concerne pas. Voici comment faire le tri.

Une femme d'une soixantaine d'années en pull kaki, assise derrière un ordinateur portable, le regard tourné vers la fenêtre
Photo : Pexels, Licence Pexels

Un dimanche soir, vous ouvrez enfin votre relevé de carrière sur info-retraite.fr. Les années défilent, quatre trimestres, quatre trimestres, quatre trimestres. Puis vous arrivez à l’année où vous êtes passée à mi-temps pour accompagner votre père après son AVC, et vous cherchez ce que ça a coûté. Le nombre de trimestres n’a pas bougé. Vous ne savez pas si c’est une bonne nouvelle.

C’en est une à moitié. Pour comprendre pourquoi, il faut séparer deux choses que la retraite de base mesure différemment.

Ce qui compte : des trimestres, et un salaire moyen

Le premier compteur est la durée d’assurance, exprimée en trimestres. Elle détermine si vous partez à taux plein ou avec une décote. Un trimestre ne se valide pas au temps passé au travail, mais au salaire sur lequel vous avez cotisé.

Conséquence directe : un mi-temps payé au-dessus du Smic valide presque toujours ses quatre trimestres. C’est ce que vous avez vu sur votre relevé.

Le second compteur est le montant. Il se calcule sur vos meilleures années de salaire, et un temps partiel tire ces années vers le bas. Info Retraite le dit sans détour : la plupart des salariés à temps partiel atteignent la durée nécessaire au taux plein, mais leur retraite sera inférieure à celle d’un salarié à temps plein dans le même poste. Côté complémentaire, les points Agirc-Arrco sont calculés sur le salaire réellement perçu.

Il existe une parade, peu connue. Vous pouvez cotiser sur la base d’un salaire à temps plein pendant votre temps partiel, à condition d’un accord écrit avec votre employeur. Les salaires à temps plein sont alors reportés sur votre relevé, pour la base comme pour la complémentaire. Demandez ce que cela change sur votre fiche de paie, et posez la question avant de signer l’avenant à votre contrat, pas après.

L’AVA : ce qui a remplacé l’AVPF pour les aidants

Jusqu’en 2023, les aidants relevaient de l’assurance vieillesse des parents au foyer, l’AVPF. Depuis le 1ᵉʳ septembre 2023, ils ont leur propre dispositif : l’assurance vieillesse des aidants, l’AVA, créée par la loi de financement rectificative de la sécurité sociale du 14 avril 2023.

Le principe : pendant les périodes où vous réduisez ou cessez votre activité pour aider un proche, la CAF, ou la MSA si vous relevez du régime agricole, verse des cotisations vieillesse à votre place. Ces périodes alimentent votre compte de retraite de base. Une limite à connaître tout de suite : l’AVA ne donne aucun droit pour la retraite complémentaire.

Pour aider un parent âgé, deux portes d’entrée, selon que votre congé est indemnisé ou non.

Vous percevez l’AJPA, l’allocation journalière du proche aidant, versée par la CAF ou la MSA quand vous prenez un congé de proche aidant ou réduisez votre activité. L’affiliation à l’AVA est alors automatique. Il n’y a rien à demander de plus.

Vous prenez un congé de proche aidant sans être indemnisée, parce que vous avez épuisé vos jours d’AJPA par exemple. L’affiliation n’est plus automatique : il faut déposer une demande auprès de votre CAF ou de votre MSA. Elle vaut dans la limite de 264 jours sur l’ensemble de votre carrière.

Dans les deux cas, votre parent doit être dans l’une de ces situations : bénéficier de l’APA, avec un GIR de 1 à 4, ou avoir un taux d’incapacité d’au moins 80 %, ou percevoir une majoration pour tierce personne au titre d’une invalidité ou d’un accident du travail.

Vous n’avez pas besoin de vivre avec votre parent. Le congé de proche aidant n’exige d’ailleurs même pas de lien familial : il est ouvert pour aider une personne âgée avec qui l’on entretient des liens étroits et stables, et à qui l’on vient en aide de manière régulière. Pour les aidants d’adultes handicapés, la réforme de 2023 a supprimé les deux anciennes conditions de cohabitation et de lien de parenté.

L’AJPA elle-même vaut 66,64 € par jour en 2026, 33,32 € par demi-journée, dans la limite de 22 jours par mois et de 66 jours par personne aidée. Le congé de proche aidant, ses conditions et la façon de le demander à votre employeur sont détaillés dans notre article sur vos droits en entreprise.

À lire aussiSalariée et aidante : vos droits en entreprise, dispositif par dispositif

Les trimestres de majoration : un public plus étroit qu’on ne le croit

Vous avez peut-être lu qu’un aidant gagne un trimestre supplémentaire tous les 30 mois. C’est exact, mais les conditions excluent la plupart des enfants qui aident un parent âgé.

Ce trimestre, dans la limite de 8 sur la carrière, est accordé pour la prise en charge permanente, à votre foyer, d’un adulte d’au moins 20 ans dont le taux d’incapacité permanente atteint au moins 80 %. La personne peut être votre parent. Mais vous ne devez exercer aucune activité professionnelle pendant la période, et les justificatifs doivent être valables pour chaque période de 30 mois.

Le point qui bloque est le taux d’incapacité. L’évaluation en GIR, faite pour l’APA, n’est pas un taux d’incapacité : ce sont deux évaluations distinctes, qui donnent lieu à deux décisions distinctes. Un parent classé en GIR 2 n’a donc pas, de ce seul fait, les 80 % requis.

Le taux plein à 65 ans : ce n’est pas un départ anticipé

Même prudence ici. Le dispositif ne vous permet pas de partir plus tôt que l’âge légal. Il vous permet de partir sans décote dès 65 ans, au lieu d’attendre 67 ans quand il vous manque des trimestres.

Les conditions, pour un aidant familial : avoir cessé totalement votre activité pendant au moins 30 mois consécutifs pour aider la personne, avoir avec elle un lien de famille, ascendant compris. Et la personne aidée doit bénéficier des aides humaines de la prestation de compensation du handicap, la PCH.

C’est cette dernière condition qui ferme la porte dans la plupart des situations de parents âgés. La PCH se demande avant 60 ans. Au-delà, elle n’est accessible que si les conditions étaient déjà remplies avant cet âge, ou si la personne travaille encore. Un parent devenu dépendant à 80 ans ne peut donc pas, en règle générale, l’obtenir.

Je préfère vous le dire clairement plutôt que vous laisser bâtir un projet sur ce dispositif : si votre parent est entré dans la dépendance avec l’âge, ce n’est probablement pas pour vous. Si en revanche il vit avec un handicap reconnu depuis longtemps, la question mérite d’être posée à votre caisse.

Vérifier plutôt que supposer

L’AVA alimente votre compte à partir des informations que la CAF ou la MSA transmet à votre caisse de retraite. Les transmissions se font, mais des trous apparaissent.

Une fois par an, ouvrez votre relevé sur info-retraite.fr et regardez précisément les années où vous avez touché l’AJPA ou pris un congé de proche aidant. Si une période manque, gardez vos attestations de paiement de la CAF et la confirmation de votre congé par l’employeur, et signalez l’écart en ligne depuis votre compte retraite. Mieux vaut corriger un trou à 50 ans que le découvrir au moment de déposer votre demande de retraite.

La limite de l’exercice, pour finir : aucun de ces dispositifs ne compense entièrement une réduction d’activité. L’AVA protège la durée d’assurance de base, pas la complémentaire. Le temps partiel protège souvent les trimestres, rarement le montant. Avant de réduire, faites une simulation de votre retraite sur info-retraite.fr avec et sans le temps partiel envisagé, et regardez l’écart en euros par mois.

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Sources

  1. Comment bénéficier de l'assurance vieillesse des aidants (AVA) ?, Pour les personnes âgées, portail national (consulté le 1 octobre 2026)
  2. Congé de proche aidant, Service-Public.fr (consulté le 1 octobre 2026)
  3. Circulaire Cnav 2024-28 du 14 octobre 2024 : modalités d'affiliation à l'assurance vieillesse des aidants, L'Assurance retraite (consulté le 1 octobre 2026)
  4. Être un proche aidant, L'Assurance retraite (consulté le 1 octobre 2026)
  5. Aidant familial d'un adulte handicapé, Info Retraite (consulté le 1 octobre 2026)
  6. Travail à temps partiel et retraite, Info Retraite (consulté le 1 octobre 2026)
  7. Durée d'assurance retraite du salarié du secteur privé, Service-Public.fr (consulté le 1 octobre 2026)
  8. Prestation de compensation du handicap (PCH), Service-Public.fr (consulté le 1 octobre 2026)

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