Accompagner ses parents, mieux vivre son rôle d'aidant ou d'aidante. Conseils, témoignages, actualités, aides. Ne plus se sentir seul dans son engagement.
Aides et démarches

Après le décès d'un parent : les démarches des premières semaines, et le deuil de l'aidant

Quand un parent meurt après des années d'accompagnement, deux choses arrivent en même temps : une liste de démarches qui n'attend pas, et un vide que personne ne vous a annoncé. Voici les deux, dans l'ordre.

Des orchidées blanches au cœur orangé, posées près d'une fenêtre dans une lumière douce
Photo : Pexels, Licence Pexels

Pendant des mois, parfois des années, vous avez été celle ou celui qui appelle le médecin, qui connaît les traitements, qui sait où sont les papiers. Et puis votre parent est mort. Le téléphone sonne encore, mais ce ne sont plus les mêmes appels.

Les premières semaines ressemblent souvent à un couloir. Il faut avancer, signer, prévenir, choisir un cercueil un mardi matin. Le chagrin attend son tour, et il arrive souvent plus tard, quand la liste est terminée.

Cet article suit l’ordre réel des choses. D’abord ce qui ne peut pas attendre. Ensuite ce qui peut attendre un peu. Enfin ce qui n’a pas de délai du tout : votre propre deuil.

Dans les 24 heures : faire constater et déclarer le décès

Si le décès a lieu à l’hôpital ou en Ehpad, l’établissement s’occupe de la déclaration. Vous n’avez rien à faire de ce côté.

À domicile, c’est différent. Un médecin doit d’abord venir constater le décès et rédiger le certificat. Ensuite, un proche majeur se rend à la mairie de la commune où le décès s’est produit pour le déclarer. Service-Public indique un délai de 24 heures : faites-le le plus tôt possible, car c’est l’acte de décès établi par la mairie qui débloque tout le reste.

Emportez votre pièce d’identité, le certificat de décès, et ce que vous avez des papiers de votre parent : livret de famille, carte d’identité, acte de naissance.

Une fois l’acte obtenu, demandez-en plusieurs exemplaires. La banque, la caisse de retraite, le notaire, l’assurance : chacun vous le réclamera.

La première semaine : les obsèques et le congé pour deuil

Les obsèques ont un cadre précis. L’inhumation comme la crémation doivent avoir lieu au moins 24 heures après le décès, et au plus tard le quatorzième jour calendaire qui suit.

Avant de choisir une entreprise de pompes funèbres, cherchez dans les papiers de votre parent un éventuel contrat obsèques. S’il avait tout prévu et payé, beaucoup de décisions sont déjà prises. Sinon, les frais sont à la charge des héritiers, en proportion de leur part dans la succession.

Le congé pour deuil. Si vous êtes salarié du privé, le décès d’un père ou d’une mère vous ouvre droit à trois jours de congé. Aucune ancienneté n’est exigée. Ces jours sont payés comme des jours travaillés, et ils ne sont pas pris sur vos congés payés. Vous les posez au moment de l’événement, pas forcément le jour même. Votre employeur vous demandera l’acte de décès.

Trois jours, c’est peu. Regardez votre convention collective ou votre accord d’entreprise : ils prévoient parfois davantage. Les agents publics disposent eux aussi d’une autorisation d’absence. Et si vous aviez déjà mis en place des aménagements comme aidant, ce que nous détaillons dans vos droits de salariée aidante, parlez-en avec les ressources humaines avant de reprendre.

Le premier mois : banque, retraite, aides à arrêter

La banque

Dès qu’elle est prévenue, la banque bloque les comptes personnels de votre parent. Ce n’est pas une sanction. C’est ce qui protège la succession.

Concrètement, la facture des pompes funèbres peut souvent être adressée directement à la banque. Demandez-lui la marche à suivre dès votre premier rendez-vous.

L’Assurance Maladie et la retraite

Renvoyez la carte Vitale de votre parent à sa caisse d’assurance maladie. Selon Service-Public, les caisses de retraite sont informées du décès directement par les services de l’État. Un courrier avec une copie de l’acte de décès reste une précaution utile, surtout si votre parent avait plusieurs régimes.

Si votre autre parent est encore en vie, la pension de réversion le concerne peut-être. Elle n’est jamais versée automatiquement : il faut la demander, par exemple en ligne sur le site Info Retraite.

L’APA et l’aide à domicile

Si votre parent touchait l’allocation personnalisée d’autonomie, prévenez l’équipe médico-sociale APA du conseil départemental, qui doit être informée de tout changement de situation. Une inquiétude revient souvent à ce moment-là, et elle est infondée : l’APA n’est jamais récupérée sur la succession. Le département ne vous réclamera pas les sommes versées.

Pour l’aide à domicile, tout dépend du mode d’emploi choisi. Avec un service prestataire, il suffit en général de prévenir la structure. Si votre parent était employeur direct, c’est plus engageant. Le CDI de l’intervenante prend fin à la date du décès, mais un héritier doit l’en informer par écrit sans attendre. Elle a droit au salaire dû jusqu’à cette date, à une indemnité de préavis, à une indemnité de licenciement et à ses congés non pris. Les héritiers lui remettent aussi un certificat de travail, une attestation France Travail et un reçu pour solde de tout compte.

Cette personne a souvent partagé le quotidien de votre parent plus que quiconque. Un appel avant le courrier, c’est la moindre des choses, et cela compte pour elle.

Les contrats du quotidien

Électricité, gaz, eau, téléphone, internet, assurance habitation : il faut aussi prévenir chaque fournisseur. Il n’existe pas de guichet unique qui informe toutes les administrations à votre place.

Le notaire et la succession, dans les grandes lignes

Le recours au notaire est obligatoire dès que votre parent était propriétaire d’un bien immobilier.

Le délai à retenir : la déclaration de succession doit être déposée dans les six mois qui suivent le décès. Le premier rendez-vous chez le notaire peut donc attendre quelques semaines, le temps de rassembler les papiers.

À lire aussiObligation alimentaire, ASH, succession : ce que la famille paie vraiment

Si votre parent a bénéficié de l’aide sociale à l’hébergement en Ehpad, la question de la récupération sur succession se pose différemment de l’APA. L’article ci-dessus fait le point.

Et puis le deuil, celui dont on parle moins

Une fois la liste bouclée, beaucoup d’aidants décrivent la même sensation : un silence brutal. Plus de rendez-vous à caler, plus de pilulier à vérifier, plus de coup de fil du soir pour savoir si tout va bien.

C’est qu’un aidant perd deux choses à la fois. Une personne aimée. Et un rôle, qui structurait les journées, parfois l’identité même.

La fatigue arrive souvent après coup. Le corps qui tenait par nécessité relâche tout d’un coup. Ce n’est pas de la faiblesse : c’est l’addition des mois passés qui se présente.

La culpabilité prend des formes inattendues. Avoir été soulagé, un instant, que ce soit fini. Avoir manqué le dernier soir. Avoir choisi l’Ehpad, ou ne pas l’avoir choisi. Beaucoup d’aidants les connaissent. Elles ne disent rien de l’amour que vous portiez à votre parent.

Le vide, enfin. Il est parfois plus difficile à vivre que le chagrin lui-même. Il ne se comble pas en reprenant aussitôt un autre rôle d’aidant, même si la tentation existe.

Où trouver du soutien

Votre médecin traitant d’abord. Il connaît souvent l’histoire, et il peut repérer un épuisement qui se prolonge.

Le dispositif Mon soutien psy permet ensuite de consulter un psychologue partenaire, sans ordonnance obligatoire, jusqu’à douze séances par an. La séance coûte 50 €, l’Assurance Maladie en rembourse 60 % et votre complémentaire santé peut couvrir le reste.

Les associations d’aidants et les groupes de parole sur le deuil sont une autre porte. Le CLIC ou le CCAS de votre commune peut vous indiquer ceux qui existent près de chez vous. Parler avec des personnes qui ont vécu la même fin d’accompagnement soulage souvent d’une manière qu’aucun proche ne peut offrir.

À lire aussiÉpuisement de l'aidante : cinq signes qu'il faut lever le pied

Il n’y a pas de bon calendrier pour aller mieux. Certains retrouvent de l’élan en quelques semaines, d’autres mettent des mois à dormir normalement. Les deux sont normaux.

Publicité

Sources

  1. Un proche est décédé : quelles sont les démarches à faire ?, Service-Public.fr (consulté le 7 octobre 2026)
  2. Congé pour décès d'un membre de la famille d'un salarié du secteur privé, Service-Public.fr (consulté le 7 octobre 2026)
  3. Salarié à domicile : que se passe-t-il en cas de décès de l'employeur ?, Service-Public.fr (consulté le 7 octobre 2026)
  4. L'APA à domicile, Pour les personnes âgées, portail national (consulté le 7 octobre 2026)
  5. Mon soutien psy : séances d'accompagnement psychologique, Assurance Maladie (consulté le 7 octobre 2026)

Une lettre par semaine, pas plus

Ce qu'il faut savoir pour accompagner un parent qui vieillit chez lui. Désinscription en un clic.