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Rôle d'aidant

Santé des aidants : un épisode de Carnets de santé, et ce que disent les chiffres

Fatigue, sommeil en miettes, anxiété : Carnets de santé met des mots sur ce que l'aide coûte au corps de l'aidant. Nous y ajoutons les données françaises et un rendez-vous à prendre, pour vous cette fois.

Une femme blonde en chemisier échange avec un médecin en blouse blanche, assis de part et d'autre d'un bureau clair
Photo : Pexels, Licence Pexels

Le médecin traitant de votre mère connaît sa tension, ses ordonnances, la date de sa dernière prise de sang. Le vôtre ne sait peut-être même pas que vous l’aidez. Cet épisode de Carnets de santé parle de ce décalage, et il le fait en moins d’une demi-heure, ce qui le rend écoutable entre deux rendez-vous qui ne sont pas les vôtres.

Ce que l’épisode aborde

La page de France Culture résume les thèmes. Le « fardeau » de l’aidant, avec ses facettes matérielles, financières, physiques et psychiques. Des symptômes proches du burn-out : fatigue, douleurs, sommeil difficile, anxiété, tristesse. La culpabilité de prendre du temps pour soi. Et la colère, ces émotions qu’on n’ose pas dire à voix haute, que Romain Rey qualifie de réaction normale.

L’épisode évoque aussi la pair-aidance et les structures de répit.

Une réserve. La page avance qu’un aidant sur trois meurt avant la personne qu’il aide. Ce chiffre circule beaucoup, mais nous n’en avons pas trouvé l’étude d’origine, et nous ne le reprenons donc pas à notre compte. Les données françaises vérifiables suffisent.

Ce que mesure la DREES

Dans le détail, 19 % citent une conséquence physique (fatigue, troubles du sommeil, mal de dos, palpitations) et 37 % une conséquence sur le moral : fatigue morale, solitude, sentiment d’être déprimé ou anxieux. Le moral flanche donc deux fois plus souvent que le corps, ou du moins on le dit plus volontiers.

Le risque n’est pas le même pour tout le monde. Les aidants déclarent plus de conséquences quand ils sont le conjoint ou l’enfant, quand le proche a des troubles cognitifs et quand ils vivent sous le même toit. Les femmes en déclarent davantage que les hommes. Et chez les seniors, vivre avec une personne en perte d’autonomie, qu’on se dise aidant ou non, double la probabilité de se déclarer en mauvaise ou très mauvaise santé.

Une limite à connaître : ces chiffres reposent sur des enquêtes menées en 2014 et 2015. Ils décrivent une tendance solide, pas votre situation.

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Consulter pour vous, pas pour votre parent

La Haute Autorité de santé a publié en juin 2024 des recommandations sur le répit des aidants. Elle y demande aux professionnels de faire du repérage des aidants une pratique systématique. Encore faut-il que le professionnel sache. Le plus simple est de le dire en début de consultation, en une phrase : « je m’occupe de mon père, qui a la maladie d’Alzheimer, depuis un an ». Cette phrase change la lecture d’une insomnie ou d’une tension qui monte.

On objecte souvent qu’on n’a pas le temps d’un rendez-vous de plus. Il existe un créneau fait pour ça. Mon bilan prévention, proposé entre 45 et 50 ans puis entre 60 et 65 ans, dure 30 à 45 minutes, est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, sans avance de frais. On y choisit un ou deux sujets prioritaires, et la santé mentale comme le sommeil font partie de ceux que l’Assurance Maladie cite. Il peut se faire chez votre médecin traitant, mais aussi chez un pharmacien, un infirmier ou une sage-femme.

Ce bilan ne remplace pas une consultation si vous allez mal. Il a un avantage : il ne demande pas d’avoir un symptôme pour prendre rendez-vous.

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Sources

  1. Être aidant : quelles conséquences sur sa santé physique et psychologique ? (Carnets de santé), France Culture (consulté le 1 octobre 2026)
  2. Perte d'autonomie : quels effets sur la santé des proches aidants ? (Les Dossiers de la DREES n° 122), DREES (consulté le 1 octobre 2026)
  3. Les aidants ont besoin de répit : la HAS publie des recommandations, Haute Autorité de santé (consulté le 1 octobre 2026)
  4. Mon bilan prévention entre 45 et 50 ans, Assurance Maladie (consulté le 1 octobre 2026)

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