Prévention des chutes

Aider son parent à se lever sans se détruire le dos : les bons gestes

Aider n'est pas porter. La plupart des lombalgies d'aidants viennent de deux gestes précis, répétés chaque jour, et tous les deux ont une alternative.

Une femme assise au bord d'un lit accompagne un homme âgé, une main sur la sienne
Photo : Pexels, Licence Pexels

Aider son père à quitter son fauteuil paraît anodin. Répété six fois par jour pendant deux ans, ce geste envoie un nombre considérable d’aidants chez le médecin, avec une lombalgie qui ne part plus. J’en reçois toutes les semaines, hommes comme femmes, et l’histoire est presque toujours la même.

Ce n’est pas une question de force. C’est une question de deux gestes précis, faits de la mauvaise façon, et tous les deux ont une alternative qui s’apprend en dix minutes.

Les trois règles, avant même de toucher quelqu’un

Elles valent pour tous les mouvements, du lit au fauteuil comme du fauteuil à la voiture.

Écartez et fléchissez. Jambes tendues, c’est le dos qui travaille. Pieds écartés à la largeur des épaules et genoux fléchis, c’est la cuisse, qui est le muscle le plus puissant du corps. Ce seul changement retire l’essentiel de la contrainte lombaire.

Rapprochez avant de bouger. La charge éloignée du buste multiplie la pression sur les vertèbres. Chaque dizaine de centimètres compte. Approchez-vous jusqu’au contact avant d’entamer le mouvement, pas pendant.

Verrouillez le dos, gainez le ventre. La colonne reste droite. On ne s’enroule pas vers l’avant sous la charge. Rentrez légèrement le ventre au moment de l’effort, c’est ce qui stabilise le bas du dos.

Le lever du fauteuil, sans lui tirer les bras

L’erreur la plus répandue consiste à l’attraper sous les aisselles ou à le tirer par les mains. C’est douloureux pour des épaules âgées, et c’est le geste qui bloque le plus de dos.

La séquence correcte tient en quatre temps.

  1. Demandez-lui d’avancer les fesses au bord de l’assise et de reculer les pieds sous les genoux. Sans cela, aucun lever n’est possible, quelle que soit votre force.
  2. Placez-vous face à lui, vos genoux venant bloquer légèrement les siens pour éviter qu’ils ne se dérobent.
  3. Ses mains se posent sur vos hanches ou vos avant-bras. Jamais autour de votre cou : c’est le geste qui provoque les cervicalgies d’aidants.
  4. Faites-lui pencher le buste vers l’avant, le nez au-dessus des pieds, pour engager son poids. Puis reculez votre propre corps en tendant les jambes. C’est votre bascule qui le redresse, pas vos bras.

Laissez-lui le temps de pousser sur ses jambes. Deux secondes de patience à chaque lever, sur deux ans, font une différence considérable sur ce qu’il sait encore faire seul.

S’il est tombé

Le premier réflexe est de vouloir le relever tout de suite, à bout de bras. C’est le meilleur moyen de vous bloquer et de provoquer une deuxième chute.

Ne le relevez pas d’abord. Évaluez. Est-il conscient, cohérent, sans douleur vive ? Une douleur à la hanche, un membre qui paraît raccourci ou tourné vers l’extérieur, un choc à la tête : on ne bouge pas, on appelle le 15.

Si rien de tout cela, la remontée passe par le sol et par un appui, jamais par vos bras :

  • aidez-le à se tourner sur le côté, puis à se mettre à quatre pattes ;
  • approchez une chaise stable, dossier contre un mur ;
  • il pose les deux mains sur l’assise, ramène un pied au sol, genou de l’autre jambe encore posé ;
  • il pousse sur sa jambe forte pendant que vous le stabilisez au niveau du bassin, sans tirer.

Le matériel, qui coûte moins cher qu’une séance de kiné

Trois objets font gagner un effort considérable, et ils sont largement sous-utilisés.

  • Le disque de transfert pivotant, autour de 30 €. Posé au sol, il fait pivoter la personne du lit au fauteuil sans que vous ayez à piétiner en la portant.
  • La ceinture de transfert à poignées, autour de 25 €. Sanglée à la taille de votre parent, elle vous donne des prises solides. Vous tenez la ceinture, plus le bras ni le vêtement.
  • Le drap de glissement, pour le remonter dans son lit sans frottement et sans forcer.

Si des travaux plus lourds deviennent nécessaires, MaPrimeAdapt’ finance de 50 à 70 % du montant selon les ressources, dans la limite de 22 000 € de travaux.

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Faites-vous montrer, une fois

Lire une séquence et la faire ne sont pas la même chose. Le kinésithérapeute qui suit votre parent peut vous montrer les transferts sur une séance, et un ergothérapeute peut évaluer les gestes du quotidien chez vous.

Demandez-le. C’est une heure qui vous épargne des années de dos.

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Sources

  1. Chutes chez les personnes âgées : un enjeu de santé publique, Santé publique France (consulté le 6 septembre 2026)
  2. MaPrimeAdapt', la nouvelle aide pour l'adaptation des logements à la perte d'autonomie, Agence nationale de l'habitat (consulté le 6 septembre 2026)
  3. Les points d'information locaux dédiés aux personnes âgées, Pour les personnes âgées, portail national (consulté le 6 septembre 2026)

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