Hospitalisation à domicile (HAD) : qui la prescrit, comment elle s'organise, ce qu'elle change pour vous
L'hôpital vient chez votre parent, avec son lit, ses infirmières et son médecin coordonnateur. C'est souvent une très bonne nouvelle. C'est aussi une maison qui change, et une famille qui doit savoir ce qu'on attend d'elle, et ce qu'on n'en attend pas.

Le médecin vous reçoit dans le couloir. Votre mère pourrait rentrer chez elle, dit-il, mais pas tout à fait comme avant : ses perfusions continuent, le pansement est complexe, il faudra un lit médicalisé. Il parle d’« HAD ». Vous hochez la tête. Vous ne savez pas exactement ce que c’est, ni ce que cela va vous demander.
L’hospitalisation à domicile, c’est l’hôpital qui se déplace. Pas une infirmière libérale qui passe le matin, pas une aide à domicile : un établissement de santé à part entière, avec une équipe, un médecin coordonnateur et une permanence jour et nuit. Service public la résume ainsi : elle permet d’assurer chez la personne des soins pendant une période limitée, pour raccourcir, voire éviter, un séjour en établissement.
Qui la prescrit, et à quelles conditions
L’HAD se fait toujours sur prescription médicale. Elle peut être demandée par le médecin hospitalier, à la sortie d’un séjour, ou par le médecin traitant, directement depuis le domicile, pour éviter une hospitalisation. L’Assurance maladie précise que l’admission est ensuite prononcée par le responsable de l’HAD, sur la base d’un projet thérapeutique et après avis favorable du médecin coordonnateur.
Service public liste les conditions. La situation médicale doit être compatible avec l’HAD. Les soins nécessaires ne peuvent pas être assurés par les professionnels de ville seuls. Le domicile doit le permettre. Et votre parent, ou sa famille, doit être d’accord.
Ce dernier point compte. La Haute Autorité de santé rappelle que l’HAD est prescrite après accord du patient et de son entourage. Vous avez donc votre mot à dire, et le droit de poser toutes vos questions avant de vous engager.
Le « domicile » est entendu largement. L’HAD intervient dans une maison ou un appartement, mais aussi en EHPAD, quand les soins deviennent trop lourds pour l’équipe de l’établissement. Elle travaille alors avec le médecin coordonnateur et les infirmières de l’EHPAD, et votre parent n’a pas à déménager.
Quels soins, et par qui
Les soins concernés sont ceux qu’on reçoit d’ordinaire à l’hôpital : pansements complexes, traitements par voie veineuse, certaines chimiothérapies, transfusions, assistance respiratoire, nursing lourd, rééducation, soins palliatifs.
Autour de votre parent, l’équipe est pluridisciplinaire. Le portail national pour les personnes âgées cite le médecin traitant, les infirmiers, les kinésithérapeutes, les ergothérapeutes, les aides-soignants, les psychologues et les travailleurs sociaux. Le médecin coordonnateur de l’HAD organise l’ensemble. Le médecin traitant, lui, reste le référent : c’est lui qui planifie le projet de soins avec l’équipe de l’établissement.
Comment cela s’organise à la maison
Avant l’admission, une personne de l’équipe vient évaluer le logement. Il s’agit de vérifier que la prise en charge est possible et de fixer les conditions matérielles. Profitez de cette visite. Montrez la chambre, l’accès à la salle de bains, les marches. Dites qui vit là, qui passe, qui peut être joint.
Le matériel et les fournitures sont ensuite livrés par l’établissement ou par un prestataire : lit médicalisé, pansements, dispositifs de soins, selon les besoins. Le salon devient parfois une chambre pour quelques semaines. Prévoyez la place, et un endroit pour ranger les cartons de fournitures.
Le point qui rassure le plus les familles : la continuité. Une permanence téléphonique infirmière est joignable 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, et tous les établissements d’HAD peuvent envoyer une infirmière à domicile la nuit. Notez ce numéro partout : sur le réfrigérateur, dans votre téléphone, dans celui de votre parent.
L’HAD est accordée pour une durée déterminée, révisable selon la nature des soins. Si l’état de votre parent s’aggrave et qu’un retour à l’hôpital s’impose, c’est l’HAD qui organise le transfert avec l’établissement concerné.
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Ce que cela coûte
L’HAD est prise en charge par l’Assurance maladie comme une hospitalisation en établissement : à 80 % dans le cas général, à 100 % pour une affection de longue durée, selon Service public. La différence notable : il n’y a pas de forfait journalier hospitalier, puisque ce forfait correspond aux frais d’hébergement et que votre parent est chez lui.
Votre parent bénéficie aussi de la dispense d’avance de frais pour ce qui relève de son HAD : honoraires des médecins, médicaments, actes de laboratoire, soins paramédicaux, matériel médical et mobilier spécifique. Le ticket modérateur restant est en principe couvert par la complémentaire santé. Un appel à celle-ci au début de la prise en charge évite les mauvaises surprises.
Ce que l’HAD change pour vous
L’HAD ne vous transforme pas en infirmière. Les soins techniques sont faits par l’équipe. Mais une hospitalisation à domicile repose, plus qu’on ne le dit, sur la présence de proches.
Le portail national est explicite sur une limite : l’HAD n’est pas possible si la personne est isolée, sans aidant, et qu’elle n’est pas en capacité d’alerter l’équipe. Concrètement, quelqu’un doit pouvoir décrocher le téléphone, ou s’assurer que votre parent peut le faire. Les nuits, les week-ends, les heures entre deux passages restent à couvrir.
Avant de dire oui, posez-vous honnêtement quelques questions. Qui sera là le soir ? Qui ouvre la porte aux soignants et réceptionne les livraisons ? Votre parent pourrait-il appeler seul la permanence ? Si la réponse est fragile, dites-le à l’équipe. Elle peut chercher avec vous une aide à domicile, une téléassistance, un relais dans la famille. Ce n’est pas un aveu d’échec. C’est l’information dont elle a besoin pour décider si l’HAD tient la route.
Votre rôle, au fond, est surtout celui d’un observateur. Vous connaissez votre parent mieux que quiconque. Une confusion inhabituelle, un repas refusé, une douleur qui change de visage : signalez-le à la permanence sans attendre la visite suivante. Et gardez un cahier près du lit, où soignants et proches notent ce qui s’est passé.
Pensez enfin à vous. Une HAD peut durer des semaines, et la maison devient un lieu de soins. Vous avez le droit de souffler, de déléguer, de ne pas dormir sur le canapé chaque nuit.
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HAD ou SSIAD : ne pas confondre
Les deux sigles se croisent souvent, et les familles les mélangent. Le SSIAD, service de soins infirmiers à domicile, intervient lui aussi sur prescription médicale, auprès des personnes de 60 ans et plus malades ou en perte d’autonomie. Ses aides-soignants et infirmiers assurent la toilette, les soins de confort et des soins infirmiers courants : pansements, distribution des médicaments, injections. Son coût est pris en charge directement et intégralement par l’Assurance maladie. Ces services se transforment progressivement en « services autonomie à domicile », qui réunissent soins et aide à la vie quotidienne.
La différence avec l’HAD tient à l’intensité. Le SSIAD accompagne dans la durée une personne dont les soins restent courants. L’HAD prend le relais quand les soins deviennent complexes, fréquents, et demandent une continuité jour et nuit. Les deux ne s’excluent pas : quand l’état de santé d’une personne suivie par un SSIAD se dégrade, l’HAD peut intervenir conjointement, ce qui permet de garder l’équipe que votre parent connaît.
Si votre parent a déjà un SSIAD et que le médecin évoque l’HAD, demandez justement cela : est-ce que les aides-soignants habituels continueront de venir ?
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Sources
- Hospitalisation à domicile (HAD), Service Public (consulté le 7 octobre 2026)
- L'HAD (hospitalisation à domicile), Pour les personnes âgées, portail national (consulté le 7 octobre 2026)
- Hospitalisation : les types de séjour et les démarches à effectuer, Assurance Maladie (consulté le 7 octobre 2026)
- Les SSIAD (services de soins infirmiers à domicile), Pour les personnes âgées, portail national (consulté le 7 octobre 2026)
- Hospitalisation à domicile : évaluer l'éligibilité d'un patient, Haute Autorité de santé (consulté le 7 octobre 2026)



