Vaccins après 65 ans : le calendrier qui protège un parent âgé
Une grippe à 85 ans, ce n'est pas toujours une simple semaine au lit. Le calendrier vaccinal prévoit une protection précise pour les plus de 65 ans. Voici ce qu'il contient, et comment aider votre parent à s'y retrouver.

Votre mère a reçu un courrier de l’Assurance maladie pour la grippe. Il est posé sur le buffet, sous la facture d’électricité. Elle vous dit qu’elle ira « quand elle aura le temps », que de toute façon elle n’a jamais la grippe. Et le zona, le pneumocoque, le VRS ? Elle ne sait pas. Vous non plus, pour être honnête.
C’est normal. Le calendrier vaccinal des plus de 65 ans s’est beaucoup enrichi ces dernières années. Il compte désormais six vaccins, chacun avec son rythme. Ce n’est pas une affaire de spécialiste : la plupart se font en pharmacie, en quelques minutes.
Pourquoi la vaccination compte autant à cet âge
Une infection respiratoire banale chez un adulte de 40 ans n’a pas les mêmes conséquences chez un parent de 80 ans. La Haute Autorité de santé le rappelle à propos du VRS : à cet âge, l’infection peut entraîner de graves complications, jusqu’au décès.
Ce virus, qu’on connaît surtout pour la bronchiolite des bébés, en donne une idée.
La grippe : chaque année, avant l’hiver
La vaccination contre la grippe saisonnière est recommandée chaque année à toutes les personnes de 65 ans et plus. Le virus change d’une saison à l’autre, le vaccin aussi. Celui de l’an dernier ne protège donc pas pour l’hiver suivant.
La campagne a lieu chaque automne, en général à partir d’octobre. Pour les 65 ans et plus, les autorités de santé recommandent de préférence un vaccin à haute dose ou un vaccin avec adjuvant, mieux adaptés à l’immunité des personnes âgées. Les vaccins classiques restent possibles.
Côté prise en charge, l’Assurance maladie envoie un bon de prise en charge, en métropole entre septembre et octobre. Sur présentation de ce bon, le vaccin est pris en charge à 100 %. Si le courrier a disparu sous la facture d’électricité, pas d’inquiétude : le médecin, le pharmacien, l’infirmier ou la sage-femme peuvent en fournir un.
Le Covid-19 : à l’automne, et au printemps pour les plus âgés
La vaccination contre le Covid-19 est recommandée chaque automne à partir de 65 ans. Pour les personnes de 80 ans et plus, celles qui sont immunodéprimées et les résidents d’Ehpad ou d’unités de soins de longue durée, une dose supplémentaire est recommandée au printemps, au moins trois mois après la dernière dose ou la dernière infection.
Bonne nouvelle pour l’organisation : la grippe et le Covid-19 peuvent se faire le même jour, une injection dans chaque bras. Un seul déplacement au lieu de deux, c’est souvent ce qui fait la différence quand il faut accompagner un parent. Le vaccin contre le Covid-19 est pris en charge à 100 %.
Le zona : deux doses, une fois pour toutes
Le zona, ce sont des plaques de cloques douloureuses, le plus souvent sur un côté du tronc. Chez une personne âgée, la douleur peut persister des mois après la disparition des lésions, et elle use le moral autant que le corps.
Le vaccin Shingrix est recommandé à tous les adultes de 65 ans et plus, même s’ils ont déjà eu un zona ou reçu autrefois l’ancien vaccin Zostavax. Le schéma comprend deux doses, à deux mois d’intervalle. Si votre parent a eu un zona récemment, ou a reçu le Zostavax, il faut attendre au moins un an avant de commencer.
Depuis décembre 2024, Shingrix est remboursé à 65 % par l’Assurance maladie pour les personnes concernées. La complémentaire santé prend généralement en charge le reste.
Le VRS : une dose avant l’hiver, à partir de 75 ans
La vaccination contre le VRS est recommandée à toutes les personnes de 75 ans et plus, ainsi qu’aux personnes de 65 à 74 ans atteintes d’une maladie respiratoire ou cardiaque chronique, en particulier une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou une insuffisance cardiaque.
Une seule dose, à faire avant la période où le virus circule. La nécessité d’un rappel annuel n’a pas été établie à ce jour. Elle peut se faire le même jour que la grippe.
Un point à connaître avant d’en parler à votre parent : à ce jour, ces vaccins ne sont pas pris en charge par l’Assurance maladie chez les 65 ans et plus. Le prix peut freiner. Parlez-en au médecin traitant, qui saura dire si votre parent fait partie des personnes pour qui le bénéfice est le plus net, et ce que prévoit éventuellement sa complémentaire.
Le pneumocoque : une dose unique
Le pneumocoque est une bactérie responsable de pneumonies, de méningites et d’infections du sang. La vaccination, longtemps réservée aux personnes à risque, est élargie à toutes les personnes de 65 ans et plus depuis avril 2025, avec ou sans maladie chronique.
Une seule dose suffit, avec un vaccin 20-valent ou 21-valent. Comme pour le VRS, la nécessité d’un rappel n’a pas été établie à ce jour. Le vaccin est remboursé à 65 %, le reste étant généralement couvert par la complémentaire.
Le tétanos, la diphtérie, la polio : le rappel qu’on oublie
On n’y pense plus depuis l’enfance, et pourtant le calendrier prévoit un rappel contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite à 65 ans, puis tous les dix ans, donc à 75 ans, 85 ans, et ainsi de suite. Un parent qui jardine, qui bricole, qui se griffe en tombant : le tétanos n’a rien d’une maladie du passé.
Si votre parent voit souvent un bébé de moins de six mois, un arrière-petit-enfant par exemple, et que son dernier rappel contre la coqueluche remonte à plus de dix ans, le calendrier recommande de le refaire. Cette fois, c’est lui qui protège le plus fragile.
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Qui peut vacciner votre parent
Pas besoin de rendez-vous chez le médecin pour chaque injection. Pour la grippe, le Covid-19, le zona et le pneumocoque, le médecin, le pharmacien, l’infirmier et la sage-femme peuvent vacciner les adultes. Pour le VRS, demandez d’abord conseil au médecin traitant.
Concrètement, plusieurs options s’offrent à vous :
- la pharmacie habituelle, souvent la plus simple : votre parent y va déjà, le pharmacien connaît son traitement ;
- l’infirmier à domicile, si votre parent sort peu ou plus du tout. Il peut faire les vaccins lors d’un passage ;
- le médecin traitant, le bon interlocuteur pour faire le point sur l’ensemble du calendrier en une consultation.
Gardez une trace de chaque vaccin. Le carnet de vaccination, Mon espace santé ou une simple fiche glissée dans le dossier médical : peu importe le support, l’essentiel est que quelqu’un sache ce qui a été fait. Quand on est aidant à distance, c’est l’une des informations les plus utiles à centraliser.
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Pourquoi vous vous faites vacciner aussi
Votre parent n’est pas le seul concerné. La vaccination contre le Covid-19 est recommandée aux personnes en contact régulier avec des personnes vulnérables ou immunodéprimées, et les professionnels de santé sont appelés à se faire vacciner contre la grippe pour ne pas la transmettre aux patients fragiles.
La logique vaut pour la famille. Si ceux qui l’entourent, l’aidant, l’aide à domicile, les petits-enfants qui passent le dimanche, sont eux-mêmes vaccinés, le virus a moins de chances d’arriver jusqu’à elle. Vous ne rendez pas seulement visite à votre mère, vous lui apportez aussi ce que vous avez attrapé dans le métro.
Et si vous tombez malade vous-même, qui fait les courses, qui passe le soir ? Se vacciner, pour un aidant, c’est aussi rester debout.
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Sources
- Personnes âgées de 65 ans et plus, recommandations vaccinales spécifiques, Vaccination Info Service, Santé publique France (consulté le 7 octobre 2026)
- Vaccination contre la grippe saisonnière, Assurance Maladie (consulté le 7 octobre 2026)
- Zona, Vaccination Info Service, Santé publique France (consulté le 7 octobre 2026)
- Bronchiolites et infections respiratoires dues aux virus respiratoires syncitiaux (VRS), Vaccination Info Service, Santé publique France (consulté le 7 octobre 2026)
- Vaccination contre le VRS : protéger les personnes âgées de graves complications, Haute Autorité de santé (consulté le 7 octobre 2026)



